2 octobre 2012

Le Wisla connait la crise


On avait signalé dans le précédent message le match piège qui attendait le Wisla ce lundi sur le terrain du GKS Piast Gliwice, club qui restait sur 3 victoires consécutives en championnat. On avait également insisté sur le manque d'efficacité offensive du club et sur ses lacunes défensives. Hier, l'Etoile Blanche a non seulement perdu un nouveau match (2-0), mais aussi son entraîneur. Analyse de la crise.




UNE DEFAITE DE TROP       
La 3ème en 6 matchs. Vous me direz, même dans le championnat français, ce n'est pas une raison pour se débarrasser immédiatement d'un entraîneur. Oui, mais au Wisla, la relation entre entraîneur et dirigeants est depuis plusieurs années très particulière.  

3 ENTRAINEURS EN 2 ANS
En 2010 arrive du championnat hollandais, et plus précisément du NAC Breda, Robert Maaskant. Après des débuts difficiles, il parviendra à faire du Wisla la meilleure équipe de la seconde partie de saison, au point de lui offrir son 13ème titre de champion de Pologne. 
L'équipe est qualifiée pour la prestigieuse Ligue des Champions, et compte dans ses rangs des joueurs clés, arrivés grâce aux relations de Robert Maaskant, encore présents aujourd'hui, à savoir Maor Melikson, véritable animateur offensif de l'équipe, et l’indéboulonnable Sergei Pareiko, gardien estonien bien connu de Christian Jeanpierre (cf. le dernier match France-Estonie). 
Le Wisla passe sans encombre les deuxième et troisième tours qualificatifs, d'abord contre le club de la ville de Riga puis le club Bulgare du Litox Lovetch. Mais, après une victoire 1-0 sur sa pelouse, l'Etoile Blanche sombre 3-1 face à l'APOEL Nicosie en match retour des barrages (ça ne vous rappelle pas un certain club français ?). Il est important de rappeler qu'il s'agissait tout de même d'un club de l'APOEL qui, après avoir fini 1er de son groupe de poules devant le Zenith Saint Pétersbourg et Porto, ira jusqu'en quarts de finale  de la compétition ! 

                                                      (Maor Melikson à la lutte avec un défenseur de l'APOEL)

Mais c'est bien à partir de ce match là que débute la longue perte de vitesse du Wisla. Dans la foulée de cette défaite en barrage de la Ligue des Champions, le club perd et se perd dans le au combien important derby face au KS Cracovie, ce qui n'était pas arrivé depuis 28 ans ! 
Dès le lendemain, le 7 novembre 2011, Robert Maaskant quitte le club, le laissant tout de même champion en titre de Pologne.

La relève sera assurée par un pur produit de la maison, l'entraîneur de l'équipe réserve, Kazimierz Maskal. Il n'arrivera jamais vraiment à faire repartir une machine enraillée de manière plus profonde que prévue, et il sera remplacé dès le mois de mars 2012 par Michal Probierz, encore un polonais, débarquant de l'Aris Salonique (Grèce). 

Là encore, le réveil n'aura jamais vraiment lieu, et le club finira la saison à la 7ème place, loin, très loin de la performance qui avait été la sienne la saison précédente. 

DES PISTES D'EXPLICATIONS ? 
16. C'est le nombre de joueurs qui ont quitté le club depuis le titre de champion obtenu en 2011 (on notera parmi eux notamment les deux attaquants internationaux polonais Pawel Brozek et Maciej Zurawski (à la retraire depuis)). Il est clair que le club s'est renouvelé, mais de bons joueurs ont trouvé leur place depuis, le meilleur exemple étant la paire offensive formée par Melikson et Genkov. 

3 entraîneurs en 2 ans, un manque de stabilité ? C'est le second argument qui apparaît pour expliquer cette période de moins bien qui dure depuis maintenant un an et demi. 

Et Michal Probierz, dans cette histoire ? Depuis le début de saison, il n'a pas une seule fois aligné la même équipe d'un match sur l'autre. Dès sa prise de fonction en mars 2012, de bons joueurs comme Dudu Biton ou encore Patryk Malecki ont progressivement disparu de l'équipe. Ses choix n'ont jamais vraiment payés, et l'on ne sait pas vraiment s'il est en proie à de la sur-remise en question chronique, ce qui expliquerait tout ces différents changements tactiques, ou s'il est aussi peu inspiré sur son banc que ses joueurs sur le terrain. Attardons-nous plus longtemps sur son cas.

3 CLUBS EN 2 ANS : NE SUPPORTE-T-IL PAS LES CRITIQUES ?


Michal Probierz est un entraîneur qui, ces dernières saisons, a du à plusieurs reprises enfiler le costume de "sauveur". Arrivé à Lodz (Pologne) alors que le club était bon dernier en 2011, il parvient à lui éviter la relégation. De même, à son arrivé à l'Aris Salonique (toujours en 2011), il sort le club de la zone rouge et obtient même une victoire de prestige contre le Panathinaïkos. C'est un fait, il a jusqu'à présent toujours réussi à faire rebondir les clubs dans lesquels il arrivait. 
Mais dès qu'il est installé, tout semble s'arrêter, ne plus évoluer. An janvier 2012, après un début de saison complet avec l'Aris Salonique (j'entends prise en main du club avant le début de saison, prise de parole concernant le recrutement, etc...), son bilan est de 3 victoires, 1 nul et 4 défaites en 7 matchs, et une qualification pour les huitièmes de finale de la coupe de Grèce. Critiqué par la direction, il choisit de claquer la porte. 

Hier soir, avec le Wisla, après un bilan de 2 victoires, 1 nul et 3 défaites en championnat et une qualification en quart de finale de la Coupe nationale (on s'étonnera de la similitude de situation avec celle ayant précédé son départ de l'Aris Salonique), à nouveau critiqué, il a décidé de partir. Peut être qu'un club en perdition au mois de mars fera appel à lui, l'avenir nous le dira...

ET MAINTENANT ? 
Ce qui est flagrant, et navrant, c'est que l'analyse du match d'hier soir est celle que l'on pouvait faire avant même le début du match : un Wisla dominateur qui ne parvient pas à concrétiser offensivement et qui concède deux buts témoignant d'une fragilité et d'une passivité défensive consternante. Le premier sur une erreur du gardien Pareiko digne des grands matchs d'Apoula Edel au Paris-Saint-Germain, et le second sur un centre venu de la droite sur lequel on ne peut que déplorer le manque d'agressivité défensive des joueurs du Wisla (en particulier du nouveau défenseur Fredriksen (le n°55), qui se replace en marchant devant le centreur alors qu'arrive lancé dans son dos celui qui sera le second buteur du match ( W. Kedziora). Au final, c'est une défaite contre un club promu qui n'avait jamais jusqu'à présent battu l'Etoile Blanche.


Alors maintenant, on attend de savoir qui aura la lourde de tâche de reprendre le flambeau d'une équipe au combien historique et importante dans le championnat de Pologne, une équipe qui ne peut pas se permettre de jouer comme le fait actuellement. Le nouvel entraîneur apportera-t-il la clé du succès dans sa poche ? On ne peut que l'espérer. 

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